Sandrine Dusang – le coeur d’une lionne

Il ne fait pas très beau au-dessus du bastion des Pailladines, pour une fois. Il crachine même un peu lorsque Sandrine Dusang nous rejoint à la terrasse d’un café du quartier d’Antigone. Mais que fait l’ex-lyonnaise et l’ex-juvisienne à Montpellier ? « Je profite de la vie », sourit la défenseure, toute jeune retraitée, qui a tiré sa révérence en même temps qu’une autre Sandrine, Brétigny, qui évoluait sous les couleurs de l’Olympique de Marseille. Pour celle qui aura été, avec l’OL et pour la première fois de son histoire, au sommet de l’Europe, puis au sommet de la France, avec un beau palmarès à son actif, celle qui aura joué contre et avec les plus grandes – Abby Wambach, Hope Solo, Lotta Schelin… – sous l’uniforme Bleu, celle qui aura même gravi le Mont Kilimandjaro pour disputer un match à la plus haute altitude, établissant un record mondial et ce, pour la bonne cause avec le projet « Equal Playing Field », profiter de la vie est une activité récompensant une carrière riche. Aujourd’hui consultante, notamment chez nos confrères de Foot d’Elles, « Duss » nous parle à la fois de ses plus beaux souvenirs foots et en profite pour décrypter l’actualité avec nous, pendant que la cité méditerranéenne s’éveille.

L’aventure commence très jeune, dans un club mixte, comme pour beaucoup de nos joueuses. Mais à Creuzier-le-Vieux, pas loin de Vichy, ce n’est pas grave. “Je n’ai pas souffert de discriminations. C’est un petit village, donc tout le monde se connaissait. Je jouais avec mes copains d’école et c’est sans doute pour cela que ça se passait bien. Et oui, peut-être que j’étais aussi un peu attendue, mais quand ils se sont rendus compte que je n’étais pas mauvaise dans ce que je faisais” De son passage en équipe mixte, jusqu’à ses 14 ans, Sandrine en garde de bons souvenirs : “En fait, ça me poussait à être tout le temps au top. Au bout d’un moment, on ne peut rien y faire, physiquement on se fait distancer.” Alors, elle se bat. A l’époque, elle n’est pas encore défenseure. L’humiliation, c’est elle qui l’inflige. “Il y avait un petit gardien, un jour, qui a quitté le terrain en pleurant, parce qu’une fille lui avait mis la pâté.”

Carrière et lucidité

Puis, à 14 ans, elle intègre un premier effectif féminin. Yzeure, qui connut de nombreux noms entre aujourd’hui et le jour où elle fait son entrée. “Justement, à ce moment-là, il a fallut que je me calme un peu : en venant d’une équipe mixte, on est habituées à rentrer dans un jeu très physique, à faire des passes fortes et à aller au contact.” En 2001, Dusang passe au CNFE Clairefontaine pour sa première année en Division 1, en même temps que Camille Abily, Laura Georges, et Elodie Thomis notamment. De là, elle trace sa route et embrasse une carrière professionnelle. “Je n’étais pas faite pour l’école. J’ai lâché après une première année de BTS.” Sur cet aspect, Dusang se montre prudente : “on apprend énormément de choses sur le terrain, des choses réelles et concrètes, comme l’esprit d’équipe et le management. Ce n’est pas pour autant qu’une fois la carrière terminée, des portes s’ouvrent.” Toute jeune retraitée, elle l’expérimente : difficile de justifier auprès d’un potentiel employeur ce “trou” de dix ans sur son CV. “Bien sûr, pour des employeurs qui sont dans le milieu du sport, les soft skills que l’on développe avec une carrière professionnelle sont reconnus. C’est beaucoup moins évident pour des employeurs extérieurs.” Ne pas être prise au sérieux parce qu’on a évolué au plus haut niveau sans avoir une activité professionnelle plus conventionnelle est encore légion. Quand nous parlons de Manon Labois, partie du PSG pour des études aux USA grâce à une bourse obtenue grâce à ses performances sportives, l’ancienne défenseure acquiesce : “c’est un placement malin. Et malheureusement, elle reste une exception.”

Parce que lorsque l’on arrête sa carrière vers 30 ans – et quand on a la chance de ne pas s’arrêter sur une blessure mettant un terme prématuré -, il faut songer à l’après, puisque nous ne sommes pas encore au point où nous pouvons nous permettre de nous reposer sur nos lauriers avec des millions d’euros de côté. “C’est quelque chose qui n’est pas toujours abordé par les clubs. Et pourtant, ils devraient en parler et aménager des horaires pour que la formation professionnelle fasse aussi partie des priorités des joueuses. Beaucoup trop encore pensent que jouer au niveau pro permet de s’épargner une formation.” Et comme on le sait, beaucoup d’appelées et peu d’élues pour porter les couleurs des grands clubs professionnels, encore peu nombreux dans la ligue. Et quand on sait que les clubs historiques comme l’ASJ Soyaux Charente reste amateur, avec des joueuses qui doivent jongler entre une carrière extra-sportive et les entraînements, il ne faut pas s’étonner que le niveau de la ligue ne soit pas à son maximum.

Mais revenons à Sandrine et son parcours footballistique. Une longue carrière avec l’Olympique Lyonnais, à jouer avec l’élite du football féminin et les Américaines qui ont fait une pige en France, comme Hope Solo et Aly Wagner par exemple, mais aussi les grandes internationales qui figurent dans le panthéon, comme Lotta Schelin avec qui elle a d’excellents souvenirs. Puis les autres légendes, françaises, Nécib, Abily, Brétigny. C’est d’ailleurs avec cette dernière qu’elle prend sa retraite. “Bret’, c’est plus qu’une coéquipière ou une colloc’. C’est la famille”, sourit Dusang. “On n’avait pas du tout prévu de prendre notre retraite de conserve. J’en avais parlé avec la Présidente du FCF Juvisy – Marie-Christine Terroni – au début de la saison, Bret ça s’est un peu fait au dernier moment. Mais avoir pu partager ce dernier moment ensemble… C’est encore un beau souvenir.” Avec l’OL, Duss a été sur le toit de l’Europe pour leur première fois et a collectionné les titres. Elle rejoint le FCF Juvisy en 2012, pour y finir sa carrière. Elle se retire avant que le club féminin historique n’achève sa fusion avec le Paris FC. On évoque rapidement la fusion : “Peut-être que le club avait fait le tour de ce qu’il pouvait faire avec les moyens dont il disposait. En tant que club indépendant, ce n’est jamais facile. La fusion est sans doute une bonne chance en ce sens. Mais c’est vrai que la décision n’a pas dû être prise sur un coup de tête et sans doute avec un pincement au coeur.” C’est aussi en effet perdre un peu de son identité.

L’heure des affrontements mythiques

Avec les Bleues, Duss affronte les plus grandes. Et l’USWNT reste parmi ses adversaires préférées. “J’ai joué contre Mia Hamm, Julie Foudy, Abby Wambach… La génération des 99ers.” Et quand on lui demande ce que c’est que de défendre Abby Wambach, Duss se marre : “C’est dur. Mia, c’était différent, c’est un tout autre format. Mais Wambach… “ Elle se souvient d’un affrontement en particulier pendant le tournoi des 4 Nations, en 2006. “Je marquais Wambach et j’ai tiré son maillot. Elle est tombée – et évidemment quand Wambach tombe, tout le monde tombe avec, souvent -, j’ai été sifflée par l’arbitre pour ma faute et quand on s’est relevée, Wambach a marché vers moi. Et je me suis dit “mon Dieu, elle ne va pas m’éviter.” Et en effet, elle m’est rentrée dedans. En marchant, certes, mais quand même. J’ai tenu bon ! (rires)”

Avec les Bleues, pas de titre et malheureusement même pas la folie de la Coupe du Monde 2011 : Duss se blesse pendant un match contre le MHSC, ce qui la prive de compétition. C’est d’ailleurs en 2011 qu’elle remarque l’ébullition autour du football féminin et l’évolution de la médiatisation. Et même si cela reste insuffisant – et qu’encore une fois, la France échoue à capitaliser autour de ses Bleues -, c’est remarquable. Mais c’était aussi une autre époque, où les joueuses, emmenées par Bruno Bini, avaient une dynamique différente. Il y avait quelque chose. Beaucoup de possibles. Aujourd’hui, les possibles sont toujours là, mais la frustration est palpable. Les Bleues s’éteignent. “Quand on regarde l’effectif, n’importe quelle équipe nationale rêverait d’avoir des joueuses de ce calibre. Le talent, clairement, on l’a. Mais il manque quelque chose. Du coeur.” Une somme de grandes individualités ne fait pas nécessairement une bonne équipe, malheureusement.

Puis, toutes les bonnes choses ont une fin. Elle dit au revoir à ses coéquipières et sa carrière professionnelle l’année passée, avec une haie d’honneur de joueuses en blanc, en même temps que Brétigny. “J’aurais pu tirer encore un ou deux ans, mais au bout du compte, il faut savoir écouter son corps. J’ai eu les blessures que l’on sait – les croisés, deux fois, et une rupture du tendon d’Achille – et quand tu commences à avoir mal au genou tout le temps, ce n’est pas bon signe. Sur la fin, il me fallait 30 minutes pour que l’articulation s’assouplisse et que je puisse jouer normalement. J’ai passé des examens la saison dernière qui ont clairement révélé que j’avais de l’arthrose. Et quand à 33 ans on a de l’arthrose, on sait qu’il est temps de lever le pied. Pour éviter de se retrouver avec une prothèse ou un déambulateur à 50 ans.”

Après avoir raccroché, Duss ne lâche pas ses valeurs et les grandes causes du football féminin. Ses valeurs la mènent au sommet de l’Afrique, sur le Mont Kilimandjaro, avec d’autres joueuses, des légendes, mais surtout des femmes de tous les horizons, avec l’initiative “Equal Playing Field”. Quand on aborde le sujet, il y a des étoiles dans le regard de Duss. “C’était complètement fou.” Et on veut bien la croire.

 

EQUAL PLAYING FIELD : Au sommet de l’Afrique

L’Equal Playing FIeld, c’est un projet complètement fou. C’est 5895 mètres d’altitude. C’est 7 jours d’ascension. Des centaines de personnes mobilisées, venues des 4 coins du monde, des joueuses, des guides, des sherpas, des médecins, des coaches, dont Dawn Scott, l’assistante coach de l’USWNT, qui sera pour l’occasion celle de Sandrine, mais aussi un corps arbitral. Le défi ? Jouer dans un cratère près du sommet du Mont Kilimanjaro, en Tanzanie. Mais pas jouer n’importe comment, non. Jouer dans les règles de l’art. D’où le corps arbitral : “si on voulait l’homologation du Guiness, il fallait jouer selon les règlementations de la FIFA. Donc 90 minutes.” Et seulement quelques changements accordés. “Au début, ça va, mais quand les premières commencent à tourner, on se dit qu’on n’a plus beaucoup d’options et qu’il va falloir tenir”, sourit la défenseure, qui pour l’occasion jouera hors position.

“I bless the rain down in Africa”

C’est un défi physique, d’une part, mais aussi un défi d’organisation : “on avait fait une première rencontre, vers 2000 mètres d’altitude. Ca c’était plutôt bien passé, mais au sommet…  En fait, quand tu cours après la balle, pas de souci, tu sens un peu moins la pression. Mais dès qu’il faut faire la passe et revenir à sa place, on marche.” L’organisation est béton : à chaque jour son étape, avec une immersion totale pour une ascension unique. “C’était fou. On n’avait pas trop de mal, mais on n’avait que deux sacs sur nous, on devait s’habituer quand même à la hauteur – le mal des montagnes n’a rien d’agréable -. Et à côté, il y avait les sherpas, autrement plus chargés, qui nous dépassaient vite pour préparer le camp suivant. Quand on arrivait, tout était prêt : les tentes, les lieux d’aisance, tout. Le dernier jour, on fait l’ascension de nuit, très tôt. On avait qu’une hâte, c’était que le soleil se lève, et pas seulement parce que la vue était magnifique : il faisait tellement froid…” Arrivée au sommet, surprise : pendant que les joueuses se réchauffent, le staff prépare le terrain aux dimensions en vigueur. “Je m’attendais à quelque chose de dur, puisqu’on jouait dans un cratère. En fait, c’était du sable et c’était très mou. On avait plus l’impression d’une partie de beach soccer géante que d’un match de football.” Et c’est le coup d’envoi pour un match sous haute surveillance : “il y avait des bouteilles d’oxygène sur la ligne de touche et on faisait régulièrement des pauses. Si une joueuse se sentait mal, elle n’avait qu’à se coucher sur le terrain et lever la main, l’équipe médicale intervenait immédiatement.” Au final, tout le monde tient le coup. Deux joueuses se sont inclinées, mais pendant la montée. La rencontre se solde par un nul, 0-0. Si Dusang est un peu déçue du résultat – qui n’apprécie pas un ou deux buts, surtout pour un match historique ! -, ce qu’elle retient, c’est l’extraordinaire aventure humaine.

“Equal Playing Field, c’est surtout la beauté des rencontres. Comprendre, en côtoyant des joueuses du monde entier, contre qui on a pu jouer ou non, à quel point la culture du football féminin est unique pour chaque pays. Il y avait des joueuses d’Arabie Saoudite. L’une d’elle disait en rigolant qu’elle préférait que le documentaire ne soit diffusé dans son pays. Mais elle avait beau rire, on sait à quel point c’est tendu dans certains pays de jouer au football en étant une femme.” La barrière de la langue, dans un projet aussi beau qu’Equal Playing Field, qui va au-delà de la simple performance sportive, est vite effacée par le langage universel du football. “J’y ai retrouvé des connaissances, des joueuses qui parlaient français aussi et puis, j’ai fait de belles rencontres.” Avec la promesse, après l’exploit, de le réitérer, de se retrouver pour un nouveau défi, encore plus grand, encore plus ambitieux. “Peu importe ce qu’il y a après : j’ai dit aux organisatrices que j’étais partante pour recommencer.” Et peut-être pour un match entre des hommes et des femmes, puisque c’est tant demandé, qui sait ?

Après les terrains

Parler de football féminin avec une vétéran comme Sandrine Dusang a quelque chose d’historique et d’évidemment passionnant. Elle a connu et suivi de très près la montée en puissance médiatique des Bleues, de cet espèce d’âge d’or sous les ordres de Bruno Bini et Corinne Diacre (déjà), puis de son éviction au profit de Bergeroo, jusqu’à ce qu’on se rende compte – un peu tard – que c’était quand même mieux avant. Alors évidemment, le retour de Corinne Diacre à la tête de la sélection, elle le voit comme nous : une aubaine, l’occasion de prendre un virage radical et salvateur, et mener cette équipe éprouvée par le manque de finition et de coeur à un titre qui manque désespérément sur l’étagère de l’équipe de France féminine. “On a reproché à Bruno Bini quelque chose qui est pourtant nécessaire au bon fonctionnement d’une équipe féminine : la compréhension de la psychologie féminine”, estime Dusang. Qu’on soit bien clairs : ici, pas question de parler de clichés mais plutôt de féminisme. Car oui, la charge sociale d’une femme, ce n’est pas une légende. Oui, on en est encore à s’excuser de jouer au football et de vouloir être ambitieuses, à évoluer au plus haut niveau et à vouloir une égalité salariale. L’héritage social est lourd, empreint de clichés qui ont la vie dure et de discriminations. C’est aussi se souvenir de la pression entre l’image maternelle imprimée dans la conscience collective et celle d’une athlète de haut niveau, qui, pour certains, semblent être diamétralement opposées : confère cette récente histoire au sein de l’équipe anglaise, dans laquelle Katie Chapman, la capitaine de Chelsea, accuse le head coach Mark Sampson de l’avoir écartée du groupe anglais à cause de son divorce, qui la laisse mère célibataire de trois enfants. Sans compter cette autre pression sociale qui dicte l’impératif de féminité lorsque l’on évolue au plus haut niveau. Pourquoi ? Est-ce utile de sortir son plus beau contouring lors de qualificatifs pour la Coupe du Monde ? Devoir être féminine alors que l’on est une athlète, avec une morphologie spécifique, n’est-ce pas se faire des noeuds au cerveau et encore une fois faire le grand écart et finir par être frustrée, par toutes ces concessions qui ne servent qu’à rentrer dans des normes sociales obsolètes ? Alors oui, comprendre la psychologie féminine, c’est aussi se sensibiliser à ces problèmes et les prendre en compte. On en rigole avec Duss (“ce ne sont clairement pas des questions qui inquièteraient les mecs”), mais le chantier est si vaste que cela n’a évidemment rien de drôle.

Ambition et silence

Oui, c’est un chantier ambitieux. Un chantier où on met tous la main à la pâte pour tenter de faire avancer les choses, mais parfois, ce ne sont pas les premiers concernés qui font les premiers pas. On évoque bien évidemment cette question, cruciale : que pouvons-nous faire, en tant que fans, en tant que joueuses, en tant que staff, en tant que média, pour faire en sorte que ça aille mieux ? “Très franchement, quand on me pose cette question, je suis incapable de répondre. Et là aussi, il n’y a pas de réponse, ou plutôt de solution toute faite. On fait déjà ce qu’on peut. Vous, moi, nous, on fait tout ce qu’on peut.” Et il est vrai que certains bénévoles se décarcassent et la ligue prend des… décisions incohérentes. “Quand on voit que certains sont prêts à diffuser, gratuitement, des matches quand les diffuseurs eux, ne sont pas présents, et qu’ils se prennent un vent de la part des clubs ou de la fédération, c’est incohérent. Beaucoup bosse avec du coeur et gratuitement pour mettre en lumière le championnat et la fédération, et on en est là.” Si on veut être prêts pour 2019, il y a encore du boulot. Il faut aussi concéder des choses : “Nous, en tant que joueuses, on se prête à l’exercice de l’interview volontiers, parce qu’on sait qu’on en a besoin. Mais parfois, au sein des médias, il y a un traitement particulier. Encore une fois, est-ce que certaines des questions que l’on nous soumet seraient posées aux mecs ? Il y a un problème dans la médiatisation, avec des questions qui sont inappropriées.” On a clairement en mémoire une zone mixte après un France – Canada remporté à l’arrachée sur un coup franc d’Abily et un fameux temps mort où des journalistes demandent à une canadienne ce qu’elle pensait du but tricolore. “Tu vois, c’est aussi une certaine mentalité qui empêche certaines de parler de leur vie privée.” Le silence des vestiaires sur l’orientation sexuelle des joueuses, qui devient une épée de Damoclès au-dessus de la tête des concernées. Parce que quand on n’en parle pas, c’est prendre le risque que quelqu’un d’autre le fasse à sa place. Dusang temporise. “Au sein d’un collectif, je pense que tout le monde sait qui est gay, bi ou hétéro. Mais si les joueuses ne parlent pas, c’est pour éviter la chasse des “paparazzi”. On n’est pas encore au point où on veut que les médias parlent de notre vie privée. Si le football féminin se fait peopliser, on est foutues. Ca foutrait les boules que les médias parlent plus de ça que des perf’ et des résultats.”

Parce qu’on est encore à s’excuser, à se justifier. Nous ne sommes pas que des joueuses de football. Nous sommes aussi des femmes. Et que la vieille Europe n’est pas encore réceptive à cela. Que la moindre faille, que le moindre cliché, peut se retourner contre nous.

Oui. Nous avons encore du chemin. En quittant Sandrine Dusang, on sait qu’on fait partie de la même sororité de combattantes. Et qu’on n’est pas prêtes de baisser les armes.

Merci à Duss pour sa disponibilité, son sourire et sa gentillesse – et la finesse de ses analyses.  

 

 

 

Rédac-chef de WoSo France, social media manager, jase en français et en anglais. Quand elle n’écrit pas pour le site, elle regarde la NWSL, tweete aux canadiennes et joue aux jeux vidéo. Ou elle dort. Ca arrive.

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