Rio 2016 – Megan Rapinoe sur la D1F

Au-delà de bien connaître l’équipe nationale française au fur et à mesure des rencontres – la dernière en date, lors de la SheBelieves Cup, s’est soldée par un timide 1-0 en faveur des américaines, alors que les françaises faisaient encore preuve d’un manque de finition flagrant et frustrant en ne marquant pas un seul but du tournoi -, l’USWNT a une relation particulière avec la France : c’est une histoire  d’échange de compétences, entre la D1F historiquement et plus récemment avec la NWSL.

Elles sont nombreuses à avoir tenté l’aventure française et européenne. De l’ancienne génération, on a eu Hope Solo, Megan Rapinoe et Tobin Heath, et, de la nouvelle génération jusqu’à l’année dernière, Lindsey Horan, sous les couleurs du PSG et de l’OL. C’est sans compter bien sûr les excursions  suédoises et allemandes de Krieger, Harris, Klingenberg ou encore Press. D’un autre côté, de Pichon à Abily en passant par Henry qui vient d’inaugurer son nouveau maillot des Thorns, les françaises ne sont pas en reste. Si la NWSL/WPS/WUSA ont su surprendre les européennes par l’intensité des matches – Nadine Angerer elle-même, devenue coach des gardiennes des Thorns après avoir adopté Portland pour les dernières années de sa carrière pro, n’hésite pas à comparer chaque match de NWSL à un match d’envergure internationale -, la D1F a toujours fasciné les américaines, avec la promesse d’un jeu différent et d’une technique aux petits oignons, précieux sésame à la sélection nationale dont a su se servir Lindsey Horan dès ses premières nominations en USWNT.

Dans les deux équipes, de vrais talents qu’on ne prend même plus la peine de présenter. Sur le papier, très peu de choses font la différence entre les deux effectifs. Et pourtant, les résultats internationaux sont éloquents : si les stars and stripes raflent tout, la France est désespérément en manque de réussite, condamnées à la 4ème place de chaque tournoi. Megan Rapinoe, qui a évolué sous les couleurs de l’OL en 2013, livre son analyse, au micro de Sebastian Salazar, de CSN Mid-Atlantic, attaché à la couverture du Washington Spirit.

La parité en NWSL est flagrante. Même si on peut clairement dire qu’il y a de meilleures joueuses ou une plus belle façon de jouer d’une équipe à l’autre, il n’en reste pas moins que l’esprit de la ligue est extrêmement compétitif : pendant 90 minutes, chaque match est difficile. Physiquement difficile” Rien n’est joué en NWSL, d’une saison à l’autre. Les reines de la NWSL des deux dernières saisons se sont effondrées en 2016, suite à des pertes, mais aussi aux différentes drafts. Ce qu’on voit en NWSL, c’est un véritable mouvement chaque année, avec les différentes drafts. D’une part, la college draft permet d’apporter aux équipes du sang neuf et très prometteur, issu de la fine fleur des universités américaines avec une vraie culture soccer, et d’autre part, les expansion drafts permettent de rebattre les cartes – on se souvient de la confusion provoquée par la draft dédiée à la création du roster de l’Orlando Pride. Enfin, la fenêtre d’échanges a vu de nombreux transferts et arrangements durant cette saison.

For club and country: Sinclair embrasse Henry, adversaires d’un jour, mais coéquipières d’un autre, chez les Portland Thorns.

L’effet est simple à constater : d’un côté, on a des équipes qui cherchent à se renouveler et du sang neuf, quoique fébrile et parfois “inexpérimenté” ou pas assez mature pour la ligue domestique, et de l’autre, on a des effectifs qui commencent à se connaître et se montrent plus prudents sur les drafts, comme le Spirit, qui cette année offre un jeu plus consistant et est au coude à coude dans le jeu de la domination de la NWSL avec les Thorns, qui ont renversé la vapeur des dernières années en s’offrant un roster aux petits oignons, sous la direction de Mark Parsons… l’ancien coach du Spirit.  Des équipes qui jusque là n’avaient jamais su s’imposer, profitent de la chute du FC Kansas City et du Seattle Reign, pourtant valeurs sûres du championnat, comme le Chicago Red Stars ou le Western New York Flash. L’issue de chaque match n’a rien de très simple à deviner, et il est possible qu’une équipe qui est au fond du classement s’impose contre les favorites. Ainsi le Sky Blue FC de Christie Rampone a triomphé des Thorns, après le départ des internationales.

Je pense que l’OL est une équipe fantastique. Elle pourrait facilement rivaliser avec toutes nos équipes de NWSL.

Megan Rapinoe

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Young Pinoe à l’OL, c’était en 2013.

Ce n’est pas du tout le cas de la D1F. Chaque saison ne laisse guère la place au suspens. OL, MHSC, PSG. Juvisy en bonnes quatrièmes et valeureuses combattantes. On sait que les rencontres entre ses clubs sont serrées et difficiles – sauf récemment, mais c’est une autre histoire – et en-dehors de ces matches à domicile, on peut compter sur les rencontres de l’UWCL. Ce qui laisse beaucoup de matches et beaucoup d’équipes sur le carreau, avec de bonnes intentions, mais des moyens insuffisants pour les réaliser. Pinoe nous le confirme : “Je pense que l’OL est une équipe fantastique. Elle pourrait facilement rivaliser avec toutes nos équipes de NWSL.” Oui mais voilà, l’OL est seul dans sa tour d’ivoire, au sommet de la France et au toit de l’Europe. Le manque de compétitivité de la D1 Féminine peut être problématique. Dans la construction, la formation et l’apprentissage d’une mentalité. Perdre 8 à 0 face à l’OL, est-ce vraiment formateur ? Est-ce vraiment utile ?

Et Rapinoe de conclure, en écho à nos pensées : “chaque ligue pourrait tirer de bonnes choses de l’autre. Nous avons besoin de progresser techniquement et tactiquement pour pouvoir rivaliser avec l’élite européen. Et un peu plus de compétitivité ne ferait pas de mal à la D1F pour pimenter les matches“. Et se mesurer à un bon niveau d’une manière plus régulière.

D1F versus NWSL, c’est ce soir pour une place clé dans le groupe, à suivre dès 22h00 avec nous sur Twitter !

Interventions de Megan Rapinoe reproduites avec l’aimable autorisation de Sebastian Salazar.

Image : Getty Images

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