Rio 2016 – Group phase suite et fin

Pour les 12 équipes en compétition pour les Jeux de Rio 2016, la première phase est terminée. Si certaines peuvent célébrer le succès de cette première partie, d’autres rentrent bredouilles à la maison, ce qui ne veut certainement pas dire qu’elles sont dépourvues de mérite. Compte rendu maison de cette dernière journée de compétition, en non-direct de Rio : une pépite, des déceptions et une fièvre rouge qui semble inarrêtable.

Jusqu’ici, en tout cas sur le papier, rien de bien étonnant dans les équipes qualifiées et celles qui sont malheureusement éliminées. L’Afrique du Sud (2e participation à un tournoi olympique), la Nouvelle-Zélande, la Colombie et le Zimbabwe (1ere participation à un tournoi olympique) repartent, laissant quatre grosses rencontres qui détermineront la suite de la course à la médaille.

Et pourtant, beaucoup de choses tiennent dans un mouchoir de poche. Si les favorites ont réussi à s’imposer parfois sans la manière – stars and stripes, we’re watching you -, il n’y aura eu que le Canada pour provoquer la surprise et susciter un enthousiasme grandissant à mesure que les Canucks progressent dans la compétition.

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En battant pour la première fois l’équipe allemande, les canadiennes mettent fin à une série de 12 rencontres décevantes. Et c’était mal parti pour ce dernier match de phase de groupe : les filles de John Herman devront se passer des services de Kadeisha Buchanan, la patronne de la défense, sanctionnée par deux jaunes lors des précédentes rencontres. Christine Sinclair, Captain Canada, restera également sur le banc, préservée pour le quart de finale – les canadiennes se savaient déjà qualifiées -, et Mélissa Tancredi prendra le relai de la capitainerie. Et quel relai ! En se confrontant aux allemandes, d’abord triomphantes contre le Zimbabwe puis décevant progressivement pour se retrouver à la lutte contre les australiennes, le Canada s’est montré sous son jour le plus passionnant. Le match commençait pourtant sous les augures allemandes, avec un PK sévère dès la 18’, transformé par Behringer. Et la domination allemande technique avait de quoi décourager. Pour autant, pas une seule seconde les canadiennes sont restées solidaires et courageuses. Mélissa Tancredi, la capitaine du soir, sera également l’héroïne du match, en inscrivant le doublé qui arrachera la victoire historique aux allemandes, deux magnifiques buts qui, n’en déplaise aux commentateurs français, sont des bijoux de construction collective.

John Herdman, le coach du Canada, montre encore une fois la finesse de sa stratégie. Chaque changement a fait la différence. Quinn prend de l’assurance après avoir été particulièrement aérienne lors du dernier match, Lawrence est partout et Matheson est extraordinaire, tandis qu’à l’avant, plus aucune crainte quant à Mélissa Tancredi. A l’arrière, la portière du Washington Spirit, Stéphanie Labbé, fait un énorme match, dernière barrière invincible des Canucks. Résultat, 2-1 pour les canadiennes qui parviennent non seulement à se reprendre, à construire, mais aussi à tenir face à l’assaillant allemand, dont toute la puissance technique ne suffira pas pour reprendre la main sur le match.

Les canadiennes finissent logiquement première de leur groupe, mais sont aussi les seules à pouvoir se targuer d’un parcours impeccable en group phase. La course à la médaille se précise pour les filles de John Herdman, qui devront se confronter en quart de finale à la France, dans un rematch de l’affrontement équilibré et frustrant qu’il y a eu quelques semaines avant, sur les terres françaises. Une bonne occasion de faire passer l’amertume du sentiment d’un match volé. Un match qui promet d’être difficile et passionnant. A suivre avec nous dès minuit !

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Grosse déception chez les américaines. Les championnes du monde et championnes olympiques en titre ont concédé le nul contre des colombiennes très remontées. D’un côté de la balance, les américaines savaient qu’elles étaient déjà qualifiées, il suffisait de confirmer paresseusement la victoire sur le groupe, tandis que de l’autre, il y avait les colombiennes et leur dernier baroud d’honneur avant de rentrer chez elles. Et à Manaus, ça a chauffé.

Pourtant, Jill Ellis avait sorti un roster de guerre, faisant même jouer ensemble Kelley O’Hara et Ali Krieger, ses deux right-backs préférées. Pour l’occasion, KO évoluerait sur l’aile gauche, prenant la place de Klingenberg, peu convaincante en début de compétition. Mallory Pugh est sur le banc et remplacera Megan Rapinoe, qui fait son grand retour sur le terrain, après plus de 8 mois d’absence. Et ce qu’on peut dire c’est qu’elle n’a pas perdu de temps pour revendiquer sa place dans le roster à 18. Press, Pugh, Dunn, Horan, tout le gratin était là, sauf JJ, remplacé par Engen, qui commence à se faire une place dans la backline. Comme quoi, tout est possible.

Sauf que quelque chose ne va pas. Les constructions sont belles, les US ont une domination tranquille, mais rien ne veut rentrer. Il y aura eu littéralement 20 opportunités et 11 tirs dans le cadre. Sepulveda, la gardienne colombienne, aura du taf et s’en sort comme une déesse. Mais c’est aussi sans compter Catalina Usme, 26 ans au compteur et un tir sur coup franc à défriser Camille Abily. Les colombiennes n’approcheront jamais vraiment la surface d’Hope Solo, mais parviendront à marquer et égaliser (pour la première fois de leur histoire !) grâce à l’intervention de Catalina Usme, l’héroïne du match, après avoir arraché deux coups francs. Le premier met le doute sur les épaules américaines. Solo se troue, grave erreur pour la meilleure gardienne du monde. Comme quoi, encore une fois, ça peut arriver à tout le monde. Une erreur d’appréciation qui lui coûtera certes cher, mais certainement pas sa crédibilité dans les buts. Et le second, à la toute dernière minute de jeu du temps réglementaire, un bijou de perfection, qui atterrit dans le petit filet, avec une Solo impuissante. De quoi rager pour ce dernier match, que les américaines ont abordé avec un peu trop de confiance.

Solo se fait vilipender sur les réseaux sociaux, mais restera l’impériale gardienne que l’on connaît, abordant avec humilité sa performance, auprès de Sebastian Salazar : « J’ai concédé un but que j’aimerais reprendre, mais ça fait si longtemps que je joue que je sais pertinemment que ce sont des choses qui arrivent », confie la portière du Seattle Reign. « Nous allons absolument tirer des leçons de ce qui s’est passé pendant ce match et nous allons travailler sur les combinaisons ». Avant de conclure : « on est prêtes, vous pouvez en être sûrs ». Jill Ellis, interrogée sur la performance de Solo, se contente d’ajouter : « Il vaut mieux que ça arrive pendant cette période que maintenant ».

Les américaines affronteront les suédoises de leur ancienne coach, Pia Sundhage, qui sont allées chercher le nul contre la Chine. « Tout peut arriver, à ce point de la compétition », souligne Sundhage en conférence de presse. « La pression est sur les épaules des américaines ». Ellis ne se fait pas trop d’illusion sur le déroulé du match, à 18h ce vendredi : « les suédoises gareront la défense ». Le milieu et le forward américains devront donc parvenir à faire bouger les lignes. Réponse ce soir.

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La France continue sa montée en puissance, après un début de match catastrophique pour les françaises. Un moment de flottement comme on les déteste. Sarah Bouhaddi livre une performance extraordinaire face aux Néo-Zélandaises et c’est Louisa Cadamuro qui fera le show, en s’offrant un doublé digne de ses plus grandes heures. Bergerôo sortira assez rapidement la forward du PSG, Marie-Laure Délie, en manque de finition depuis le début de Rio, pour la remplacer par la lyonnaise Eugénie Le Sommer. Pari gagnant, puisque l’ancienne du Stade Briochin marque quasiment dès son entrée. La puissance technique des françaises se confirme, il ne reste plus qu’à transformer l’essai contre les canadiennes, dans l’un des plus grands rendez-vous de ces olympiades.

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Prochain rendez-vous que nous couvrirons : USA v. Suède (18h00) et Canada v. France (00h00), à suivre sur twitter.

Image : FIFA/FIFA Getty Images

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