L’USWNT atteint artificiellement l’égalité grâce à LUNA Bar, et ce n’est pas suffisant. 

Mardi, c’était la journée de l’égalité salariale, et un des sponsors food de l’USWNT, LUNA Bar, a décidé de mettre son grain de sel dans la dispute salariale entre l’équipe et la fédération. 

Théoriquement, c’est une bonne chose : un sponsor corporate apporte pas moins de 718 000 dollars pour effacer l’écart entre l’équipe masculine et féminine pour les bonus de la World Cup. Très bien, donc, et parfaitement adapté à une entreprise qui se veut à l’avant-garde de l’égalité salariale : la dispute qui ébranle l’univers du soccer nord-américain est la parfaite illustration de cette prise de position. 

Donc, si on veut remettre l’église au milieu du village, il faut se rendre compte qu’il aura fallu un ras-le-bol général dangereusement près d’une échéance mondiale et une entreprise spécialisée dans la nourriture pour enfin mettre fin aux « inégalités ».

Ca vous choque ? 

Les joueuses de l’USWNT aussi : d’après Alex Morgan, qui se confie à nos confrères de chez ESPNw, « Quand Gary nous a parlé de ce deal, on s’est toutes regardées en se demandant où était l’arnaque. Le fait est qu’il n’y en avait. Le seul souhait de LUNA Bar est de mettre fin à cette écart. Ils veulent être des pionniers de ce mouvement. » Du côté du sponsor alimentaire, la volonté est bien affirmée, surtout depuis les dernières annonces de poursuites judiciaires engagées par les joueuses contre leur fédération : « Comme vous pouvez l’imaginer, cela a mis le feu aux poudres. On savait qu’on devait faire quelque chose. Et qu’on devait le faire maintenant. » souligne LUNA Bar dans un communiqué. « Et soyons bien clair : ce n’est pas une question de courage ou de détermination – et entendons-nous bien, elles n’en manquent certainement pas -. Ou même une question d’argent. C’est simplement parce qu’elles le méritent. Comme toutes les femmes – qu’elles soient en train de tout déchirer au travail ou de jouer au football sur des scènes mondiales. En partageant leur expérience publiquement, les joueuses de l’USWNT sont devenues des porte-étendards, des mentors et des role-models pour les femmes et les filles du monde entier. » 

Et si ce n’était pas une question d’argent ? 

Certes, le geste de LUNA Bar est quelque chose que l’on doit saluer. Tout comme la promesse prise par Adidas de rémunérer ses athlètes qui soulèveront la Coupe en juillet prochain. On le voit, et peut-être que c’est grâce à ce mouvement général dans lequel les joueuses américaines s’inscrivent depuis 2016, soutenu par le #MeToo et le #BalanceTonPorc, les marques commencent à réellement miser sur les femmes et les athlètes féminines, plus que par argument marketing mais comme réelle reconnaissance – même si parfois, on le verra avec la réflexion sur les maillots Nike que nous sommes en train d’écrire, on peut parfois douter de la sincérité de certaines marques -. C’est un fait, c’est une belle chose, on en est très contents.

Mais ce n’est pas suffisant. 

Parce que la volonté de mettre fin à cet écart devrait venir des fédérations et des associations. Parce qu’on devrait très bien partir sur une base salariale fixe, qui ne se soucie pas du genre, pour ensuite attribuer des « bonus » justes, en fonction des bénéfices engrangés (et on l’a vu dans l’article consacré aux poursuites judiciaires, l’USWNT engendre plus de profits que l’USMNT, de manière assez spectaculaire). Donc ne nous concentrons pas sur l’arbre qui cache la forêt : il y a encore tant de choses à adresser. 

Et ce n’est pas qu’une question d’argent, dans le sens salaire pur. Parce que même si désormais les femmes auront le même bonus en étant nommé dans le roster de la Coupe du Monde que les hommes, il y a encore à mettre sur la table les conditions globales – entraînement, déplacement, jeu, stades, équipements, développement de la ligue professionnelle domestique, médiatisation, encadrement et accompagnement, coaching, et cette liste n’a pas la prétention d’être exhaustive -. Il y a encore à se rendre compte que l’argent ne règle pas tout, même s’il contribue grandement aux changements. 

Alors, pourquoi la fédération est-elle toujours aussi froide et vague dans ses considérations envers les féminines ?  

ABOUT THE AUTHOR: Lisa Durel

Rédac-chef de WoSo France, social media manager, jase en français et en anglais. Quand elle n'écrit pas pour le site, elle regarde la NWSL, tweete aux canadiennes et joue aux jeux vidéo. Ou elle dort. Ca arrive.

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