Journal de #FIFAWWC : être témoin de l’Histoire

La Coupe du Monde a débuté hier de la plus belle des manières pour les Françaises, couronnant deux journées marathon à la FIFA Women’s Football Convention. Et, même si on en avait rêvé, la réalité de ce début de compétition est presque encore mieux que ce qu’on avait espéré. Récit de ces trois derniers jours, complètement fous.

La Women’s Football Convention, le plein d’inspiration

En marge du Congrès de la FIFA, évènement administratif qui n’intéressera que ceux qui sont déjà très calés sur le fonctionnement de la Maison Mère du football, et qui a vu la réélection de l’Italien Gianni Infantino à la tête de la FIFA, seul à sa propre succession, la Porte des Expos de Versailles a abrité le Women’s Football Convention, le premier congrès de sa sorte – et on l’espère, certainement pas le dernier -. On y croise des personnalités de la FIFA et des instances du football, comme Fatma Samoura, la secrétaire générale de la FIFA, nommée par Infantino lors de sa prise de présidence, ou encore Sarai Bareman, à la tête du football féminin de la FIFA. Karina LeBlanc. Moya Dodd. Vero. Notre Brigitte Henriques, vice-présidente de la FFF, venue représenter la France avec le président de la FFF Noël Le Graët et le président Aulas. And the list go on. Mais on peut également rencontrer – et c’est ça qui fait la richesse de ce colloque exceptionnel – de nombreuses personnalités politiques. La Ministre des Sports, venue également communiquer l’engagement du président Macron, mais aussi la présidente de l’Ethiopie, madame Sahle-Work Zewde – qui est d’ailleurs, la première femme présidente de l’Ethiopie et la seule présidente du continent Africain -, madame Mia Amor Mottley, la première ministre de la Barbade… Elles sont nombreuses à être des pionnières et des femmes qui ont un rôle important, cruciaux dans le fonctionnement d’un pays ou d’organisations internationales. 

Et qu’est-ce que ça fait du bien. D’enfin avoir des femmes invitées à la table pour pouvoir discuter de l’impact positif et des avancées nécessaires dans le football. Son rôle dans la société. L’inspiration indispensable à l’adresse des prochaines générations. Les prochaines générations de footballeuses mais aussi les prochaines générations de leaders. Comme une sorte de pied de nez à tous ceux qui aimeraient bien que le sport soit exclu de la politique et des questions sociales, personne, d’Infantino aux invités politiques, de l’UNESCO, des Nations Unies ou encore médiatiques, n’a fuit la vérité : le sport a été, pendant trop longtemps, dominé par les hommes et que le football est essentiellement politique. Et toc. 

Si la FIFA reste un des organes les plus influents et les plus corrompus du monde, au final, tant qu’ils mettent les moyens et montrent qu’il y a une véritable envie de faire progresser la cause féminine et féministe, alors laissons venir. Comme on l’a tous défini pendant ce colloque, des choses ont été faites – par exemple, la CONCACAF a récemment publié ses directives et sa roadmap en faveur du football féminin, tandis que la FIFA a produit également une stratégie pour le football féminin avec 3 grands objectifs accompagnés par 5 mises en pratique, et a investi beaucoup plus d’argent pour cette compétition que pour toutes les autres -, ce qu’on veut, ce ne sont pas des mots, mais des actes. Mais le réalisme et la sincérité des différents acteurs – même ceux de la FIFA – font quand même mieux passer la pilule : oui, on aimerait mieux, mais le mieux ne peut pas arriver partout au même moment, comme le soulève Franck Castillo, le secrétaire général de l’OFC, qui rappelle à quel point les différences sociétales permettent, ou non, de parvenir à des avancées rapides, quand dans certaines zones du Pacifique, la violence domestique est une chose “normalisée”.

Difficile de synthétiser en un article deux jours de colloque. Mais l’énergie présente dans cette salle énorme de la Porte des Expositions appelle la suite de cette entrée du journal : quand on voit tant d’efforts fédérés autour d’une seule et même discussion, avec la présence de représentants de toutes les fédérations et associations, avec une véritable inclusion des femmes – les principales concernées, quand même, et on se souviendra que Gianni Infantino a laissé la place à Fatma Samoura pour conclure le colloque – on se dit qu’on est à l’aube de quelque chose d’historique. Un véritable changement. On l’a aussi répété : « le football féminin ne peut plus reculer. » L’Histoire est en marche.

Le match d’ouverture, des étoiles plein les yeux

L’excitation est à son comble. Mon propre planning met un arrêt brutal entre mon départ de la Porte de Versailles et le match, notamment parce qu’il m’éloigne de mon nouveau groupe de connaissances appartenant au FIFA Fan Movement – je reviendrai dans un autre article ce qu’est le Fan Movement -. Bref. 19h, l’heure du crime. Le matos photo sur les épaules, l’accréditation autour du cou, il est l’heure de vivre la cérémonie d’ouverture et le premier match de la compétition.

Evidemment que l’excitation est là. Mais est-ce qu’on était vraiment prêt à cela ? 

Le vent souffle dur. On est en pleine tempête Miguel, et une grosse branche manque de peu la foule. Que fait Anne Hidalgo contre les rafales, bon sang ? Mais au-delà de la tempête, la circulation et l’organisation hors du stade sont une horreur, entre les volontaires qui font ce qui peuvent, une porte B saturée et les flics qui ne coopèrent pas ou très peu et surtout ne parlent pas non plus de leur dispositif avec le service de sécurité privée du stade. Et évidemment, Roland-Garros a encore court, juste à côté du Parc des Princes. 

Il me faut donc une heure et demie pour atteindre le Parc des Princes et quelques minutes supplémentaires pour récupérer mon ticket de match – qui m’attribue une place pour le match, c’est donc un précieux sésame – et enfin entrer dans le Parc, après un petit voyage dans les entrailles du stade. 

Et c’est là, en pénétrant dans le stade par l’entrée des autres artistes, que je réalise qu’on y est. Que c’est la Coupe du Monde. Que c’est chez nous. Il y a 45 261 personnes dans les tribunes, portant fièrement les couleurs tricolores. C’est incroyablement émouvant. La cérémonie d’ouverture est spectaculaire, de la sideline. Parce que si on ne voit pas tout ce qui se passe sur le terrain, on voit ce qui se passe en coulisse, comment les danseurs se coordonnent, la précision, mais surtout l’excitation. Cette énergie et surtout cette joie sur le visage des participants, c’est incroyablement contagieux, une énergie qui accompagne plutôt bien la performance de Jain. Qui donne bien envie d’esquisser deux ou trois twerks, mais ce serait sans doute peu professionnel au niveau des bancs des photographes.

Puis c’est le tour des feux d’artifice. Et honnêtement, ça donne de très belles photos d’une éruption du Parc des Princes. 

J’avais déjà les larmes aux yeux de prendre conscience de la grandeur de l’évènement. Mais la Patrouille de France, qui, en un clin d’oeil, survole le Parc des Princes, confirme qu’on est bien sur un véritable changement – en témoigne aussi la présence d’Emmanuel Macron dans les tribunes. Cet honneur ultime, c’est aussi un hommage amplement mérité pour l’Equipe de France. Et pour l’occasion, les équipes n’entrent pas sur l’hymne de la FIFA ou sur le son classique utilisé en France – dont j’ai oublié le nom -, mais sur une musique qui semble avoir été composée pour l’occasion par la FIFA. 

C’est stylé.

Mais ce qui est encore plus stylé, c’est la Marseillaise, entonnée par tous ces spectateurs. La retransmission télévisée ne lui rend pas honneur, tout le stade vibrait. Et quelle ambiance. Quelle émotion. Et quand on voit les larmes de Marion Torrent et Gaëtane Thiney pendant cette Marseillaise, on doit se souvenir des dernières années de galères. Mais aussi de l’incroyable compétition que nous allons vivre.

Pendant 90 minutes, les Bleues sont appliquées, entre émotions fortes et démonstration, et survolent les Coréennes qui finissent par rendre les armes. Elles dominent le match et montrent qu’elles ne prennent pas leur compétition à la légère.

C’est peut-être la première fois depuis 2011 que l’on peut espérer dépasser les quarts de finale. Et avec un tel soutien du public, une chose est certaine : nous sommes en train d’être témoin de l’Histoire.  

Photos : Lisa Durel-Wilcox pour Women’s Soccer France

ABOUT THE AUTHOR: Lisa Durel

Rédac-chef de WoSo France, social media manager, jase en français et en anglais. Quand elle n'écrit pas pour le site, elle regarde la NWSL, tweete aux canadiennes et joue aux jeux vidéo. Ou elle dort. Ca arrive.

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