Heather O’Reilly – Sending the HAO game face off

Heather O’Reilly, 31 ans, 15 ans de service au sein de l’USWNT, de l’or olympique et de l’or mondial autour du cou. HAO, c’est plus de 230 caps pour l’USWNT, 47 buts et 55 assists. Mais HAO, c’est bien plus que ça. Le 15 septembre dernier, nous avons dit adieu à l’un des piliers de l’USWNT.

Trois étoiles couronnent le blason de l’US Women’s National Team. L’histoire d’Heather « HAO » O’Reilly débute un peu après l’obtention de la seconde, en 1999. A l’époque où Brandi Chastain, Mia Hamm et Julie Foudy écrivent leur Histoire, HAO n’est qu’une ado dans les tribunes, qui porte déjà l’uniforme national. Comme pour beaucoup, c’est aussi l’histoire d’un rêve de gamine. Et les idoles qui ont marqué son adolescence seraient bientôt celles qu’elle côtoierait.

160915-wnt-v-tha-26Elle n’est encore qu’une lycéenne quand elle est appelée pour son premier camp. 17 ans. En 2002, HAO se prépare à revêtir pour la première fois l’uniforme national à l’occasion de la Coupe de l’Algarve. Avec sa roomie, une autre adolescente, Kelly Wilson, elles rateront le réveil et feront une croix sur le petit-déjeuner, en compagnie des autres membres de l’USWNT. Personne ne semble avoir remarqué leur absence, jusqu’à ce que Julie Foudy, la légendaire capitaine de l’USWNT, réunisse les joueuses et fasse un sermon sur les absences et les « quelques règles qui ont été transgressées dernièrement ». Imaginez un instant le visage d’O’Reilly, qui espérait de tout son coeur qu’elle ne parlait pas d’elles. En guise de punition, toute l’équipe devait faire une série de sprints. Malaise pour O’Reilly, qui mesurait les « conséquences » de ses erreurs d’ado. Alors, c’est parti. Bien décidée à montrer qu’elle serait à la hauteur et qu’elle assumait son absence au petit-déjeuner, elle s’élance et fend l’air. Un coup d’oeil à gauche, un coup d’oeil à droite, elle est seule en tête de la course. Il lui faut 50 mètres pour réaliser qu’elle était seule à courir, sous l’hilarité des vétérans C’était un peu leur façon de bizuter les jeunes et les empêcher d’être en retard. L’anecdote est amusante : depuis, HAO n’est plus jamais en retard. Et en 15 ans de service, elle n’a raté aucun déjeuner.

La carrière d’HAO, c’est trois médailles d’or Olympique, un titre de championne du monde en 2015, deux titres de championne de la NWSL avec le FC Kansas City, deux saisons consécutives. C’est aussi un passage de flambeau entre les deux numéros 9 de l’USWNT, qui était aussi celui de Mia Hamm, qu’elle récupère lors de sa retraite – en 2016, pour la première fois, quelqu’un d’autre qu’HAO et Hamm a porté le numéro 9, et c’est Lindsey Horan qui a hérité du numéro pendant les JO -. C’était le 8 décembre 2004, contre le Mexique. Ce soir-là, l’USWNT salue une de ses idoles en écrasant leurs adversaires 5-0.

Mais au-delà des records, des tirs, des matches sauvés – en 2012 et 2004, respectivement aux JO de Londres et à la World Cup – grâce à ses centres monstrueux et ses immenses qualités de midfielder, ce qu’il faut retenir d’Heather O’Reilly, c’est sa joie, ses légendaires game faces sur le terrain, sa ferveur et sa fidélité à l’équipe. A ses équipes. C’est son grand sourire, ses awkwards tentatives pour dancer et ce qu’elle apportait, humainement, à l’équipe. En 2016, quand Jill Ellis l’appelle pour qu’elle vienne renforcer les options des réservistes de l’USWNT pour Rio, HAO ravale sa fierté et se refuse à la blessure : elle servira comme elle le pourra, de ses conseils, de son expérience et de sa générosité, avec une classe rare. On n’oubliera jamais non plus ses jeux sur Twitter, pour faire deviner qui était sa roomie.

160915-wnt-v-tha-27Le 15 septembre, l’USWNT rencontrait pour la première fois la Thaïlande, nation mineure brillant néanmoins au sein de l’AFC. Un match amical sans importance, le premier après la douloureuse défaite aux JO. Une confrontation qui était bouclée d’avance. Mais l’attention était toute autre. C’était le dernier match d’HAO sous les couleurs nationales et elle porterait, ce soir-là, le brassard de capitaine. A peine plus de 10 000 personnes dans les tribunes, ce n’est pas beaucoup pour l’USWNT – mais pour un retour après une si sévère défaite, c’est un début -. On lui rend hommage, comme on a rendu hommage à Abby Wambach, à Mia Hamm. A Julie Foudy. Sa famille est là. Son époux est là. Mia Hamm est là, et c’est un des plus beaux clins d’oeil de ces derniers temps, comme un passement de flambeau inversé. Pendant l’hymne national, Megan Rapinoe s’agenouille. Aux yeux des médias, elle lui vole presque la vedette.

Puis, c’est le coup d’envoi. Et on retrouve là notre USWNT. Celle qui gagne sans problème, qui écrase des nations mineures mais qui sait rendre hommage à ses vétérans. Il ne faut qu’une minute pour que les américaines ouvrent le score. Sur un assist d’HAO, Carli Lloyd vient trouver le fond du filet. 39 secondes de jeu. Puis, c’est une pluie de tirs qui vient s’abattre sur le but thaïlandais. Un but par minute. Jusqu’à cet assist de Carli Lloyd. Elle aurait pu tracer et marquer sans difficulté. Mais elle jette un oeil à sa droite, et elle sourit. HAO est là. Alors Lloyd centre et offre sur un plateau d’argent un parfait but à sa capitaine d’un soir et sa coéquipière depuis de nombreuses années. Le sourire de Lloyd est priceless. Tout comme la joie d’HAO. Pour son send-off, HAO marquera un dernier but.

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Et elle est là. Elle court, vite. Elle est clé dans bien des actions. Elle est là et la première mi-temps s’écoule. Puis la deuxième. 60. 70. 80 minutes. HAO est là comme si elle n’allait jamais quitter la pelouse. Comme si elle ne devait pas quitter la pelouse. Le roster a complètement changé entre les deux mi-temps, et il n’y a plus de remplaçante disponible pour les USA, sauf Alyssa Naeher, mais Ashlyn Harris restera dans ses buts. Alors, Jill Ellis sort HAO à la 89’, sous un tonnerre d’applaudissements. Parce que c’est la moindre des choses. Parce qu’avec HAO, c’est un beau chapitre qui se clôt. HAO sort et personne ne rentre. Il n’y a que le numéro 9 en rouge sur le tableau des subs. Les larmes, elle ne les retient pas, tandis qu’elle s’assied sur le banc aux côtés de Julie Johnston. Parce qu’à 90+2, Alex Morgan vient mettre un point final au tableau des scores. 9-0. 9, comme le numéro d’HAO. Y a-t-il plus bel hommage ?

C’est le coup de sifflet final et l’équipe américaine se réunit une dernière fois. HAO troque son maillot pour endosser, pour la première et dernière fois, le maillot numéro 9 floqué Werry, le nom de son mari. Puis, elle disparaît dans le tunnel, avec un dernier signe de la main.

Here’s to 15 amazing years, HAO. And to the next. #ThanksHAO

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Photo : Isiphotos

Rédac-chef de WoSo France, social media manager, jase en français et en anglais. Quand elle n’écrit pas pour le site, elle regarde la NWSL, tweete aux canadiennes et joue aux jeux vidéo. Ou elle dort. Ca arrive.

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