EDITO : 2 ans de WoSo France !

Wow. Voilà. C’est peut-être ce qui me vient le plus rapidement à l’esprit quand je pense à l’aventure Women’s Soccer France et à ces deux années passées aux côtés de grandes joueuses, au coeur du football féminin, dans ses meilleurs et ses pires moments. Mais ce sont surtout deux années passées à vos côtés. C’est donc la meilleure occasion pour parler un peu du site, de son futur, de l’aventure en soi – et de parler de ma vie, parce que franchement ça ne sert qu’à ça. Joking. 

Je me souviendrai toujours de ce 6 juillet 2015. Seule avec ma bière, un oeil sur un jeu en ligne, l’autre sur la finale qui se déroulait sous mes yeux, je tombais amoureuse du football féminin. Oui, c’est encore très récent – mais j’apprends vite. Je tombais amoureuse de l’USWNT, de sa résilience, de son jeu, de la rocket of freedom balancée par Carli Lloyd avant la 16′. Mais surtout, je tombais amoureuse de role-models. De ces femmes, championnes du monde, qui parlaient de leurs réussites, de leurs coéquipières, de leurs doutes et leurs échecs. A l’époque, c’est Abby Wambach, avec ses mots sur Fox Soccer, qui m’a frappée de par à la fois sa candeur mais aussi sa sincérité.

Obsédée par l’équipe – et évidemment, j’appris plus tard à ouvrir mon esprit et à regarder les initiatives mondiales, parce que c’est aussi ça le football féminin -, je tournais en rond pendant 3 semaines, incapable de m’exorciser. Il y avait quelque chose d’impérieux dans ces messages d’empowerement et une évidence : en France, nous avons, en tant que femmes peut-être plus que les autres, besoin de les entendre. Parce que, quand on touche au football féminin, on touche à tous ces autres sujets aussi sensibles que passionnants, le féminisme, la lutte contre les discriminations de toutes sortes, le respect, le combat pour l’égalité, j’en oublie sans doute. Le football féminin, c’est bien plus que taper dans un ballon et regarder deux équipes s’affronter dans des stades semi-vides.

On me dit alors : “vas-y, lance-toi, ça ne coûte rien”. A l’époque, ça ne coûtait rien en effet et l’entreprise est égoïste : Women’s Soccer France est né parce que j’avais cette certitude que ces messages devaient être délivrés. Entendus. Ou au moins dits. Pardonnez-moi. A l’époque, j’étais aussi persuadée que personne ne serait intéressé par ce sujet. Après tout, le football féminin souffre d’une telle image en France. Et puis la NWSL, l’USWNT, il y a 8 heures de décalage et une barrière du langage. Mais je me lançais quand même, parce que j’en avais envie.  Cette personne qui m’a dit de me lancer deviendrait mon associée et l’autre visage de Women’s Soccer France, celle qui s’occupe des créations graphiques, des montages, de l’étalonnage son, de la stratégie digitale aussi. Flora Dubois.

Parce que oui, l’entreprise est petite : nous ne sommes que deux à nous occuper du site et des réseaux sociaux. A faire cela sur notre temps libre, bénévolement. Nous ne sommes pas là pour mendier ou nous attirer une quelconque sympathie. Si nous sommes ici, c’est parce que nous sommes passionnées. Et que nous n’avions aucune idée de ce que WoSo France allait provoquer chez nous.

Le temps passe. Dans mon métier principal, je suis Social Media Manager. En même temps que le site, j’ai donc lancé les réseaux sociaux. Et plus le temps passe et plus la communauté grandit. A son rythme. Avec des personnes aussi passionnées que nous, qui ont toujours agi avec bienveillance par rapport à notre travail. Qui nous ont soutenu. C’est un merveilleux feeling. 

Décembre 2015. Il fait 20°C à la Nouvelle-Orléans, quoi de mieux alors que la France se gèle ? Pour la première fois, je plante ma caméra devant Ashlyn Harris et Ali Krieger. Je leur fais parler d’un peu plus que le Victory Tour. Oui, nous pleurons le départ de la GOAT, Abby Wambach, mais j’ai pas fait 7000 kilomètres pour juste leur demander comment elles se sentent. Peut-être que c’était étrange pour elles, mais chez Women’s Soccer France, notre ligne édito, c’est de raconter des histoires. Des belles histoires. On remballe le matos, avec la promesse de se revoir avec Bruno Bini, le sélectionneur de la Chine – et en effet, nous le revoyons à Montpellier quelques mois plus tard -. Nous postons pour le 31 décembre l’interview d’Ali et d’Ashlyn.

Et là, le retour de la communauté est incroyable. Le plus touchant : les remerciements. Merci parce que c’est ce que vous vouliez entendre. C’est là où nous avons compris : ce n’était plus une entreprise égoïste. Tout ce que nous allions faire désormais, nous le ferions pour vous. Pour cette communauté chaleureuse et passionnée.

Nous sommes allées un peu partout, parfois seule, parfois en duo. La Nouvelle-Orléans. Montpellier. La FIFA, par deux fois – et ce n’est pas près de s’arrêter -. Auxerre. Paris. Juvisy. Washington D.C.. Toronto. Avec notre modeste matériel – on est quand même sur un Canon 1100D et un objectif 300mm, quand d’autres carburent au 5D. Mais surtout beaucoup d’envie et de coeur. Nous avons rencontré des personnes incroyables et inspirantes, Joanna Lohman, Christine Sinclair, Ashley Lawrence, Ali Krieger et Ashlyn Harris bien sûr, Nadine Angerer, Sandrine Dusang, Khalida Popal, mais aussi des joueuses un peu moins connues, Manon Labois, Emma Coolen, Madison Krauser, mais qui ont toutes la même envie et la même passion. Des journalistes aussi, Jenny Taft, Sebastian Salazar, Jen Cooper, les copains de chez WWF Show (Women’s World Football, pas l’ONG). Des agents, des arbitres (Emma, tu es aussi dans le papier). Des gens qui ne sont pas encore sur Women’s Soccer France, mais qui y ont leur place. Il nous manque juste un peu de temps. Ces rencontres nous ont fait grandir. A la fois avec WoSo France, mais aussi humainement.

Avec vous, on a vibré. On a vécu le Victory Tour, on a vécu l’haletante finale de la NWSL édition 2016, Washington Spirit v. WNY Flash. On a vécu plein de choses incroyables et fortes, le combat pour l’equal pay, la découverte d’initiatives magnifiques. On a aussi souffert à vos côtés. Le quart catastrophique des JO des américaines, le sacre des canadiennes. On a aussi gueulé, beaucoup. Contre la frustration tricolore. Contre les discriminations. Le sexisme. Les phobies diverses. On a voulu taper du poing sur la table, parce qu’on n’est pas là ni pour enfiler des perles ni pour faire des concessions. On aurait voulu tout couvrir, mais malheureusement… On ne peut pas tout le temps.

On s’est aussi pris des vents. Pas mal de vents. On s’est fait refuser des entrées parce qu’on n’a pas de carte presse – en gros en France, pour avoir la carte de presse, il faut prouver que plus de 50% de ses revenus sont générés par les activités de presse, et comme nous ne mettons ni pub ni rien, nous avons juste 0 euro généré via WoSo France 😀 -. On s’est fait lâcher par des agents. Par des fédérations. C’est la vie. Il faut parfois plus que de la passion pour pouvoir obtenir les sésames pour pouvoir faire notre travail. Mais quand on voit aussi d’autres bénévoles, comme Philippe Aumont ou Erwan Chapel, qui font ce qu’ils peuvent, on sait qu’on partage le même combat et peu importe les sacrifices. Alors nous non plus, nous ne lâcherons rien. Pour vous. Et pour elles.

Le futur ? Le futur il est déjà là. Avec le reveal de l’emblème de la FIFA Women’s World Cup 2019, qui se déroulera chez nous. En France. Peut-être que nous, on ne sera pas en France en 2019, mais en tout cas on reviendra pour couvrir l’événement. Avec les Canucks, avec les Américaines. Le futur, c’est de repartir avec nos caméras sous le bras, qui, on l’espère un jour, seront un peu mieux. Le futur, c’est aussi pouvoir parler de l’aventure Women’s Soccer France dans des conférences. Aller encore plus loin. Le futur, c’est vous offrir de nouveaux formats, des enquêtes approfondies. Le meilleur. Le futur c’est aussi un jour peut-être agrandir l’équipe pour pouvoir suivre comme il faut la D1F et les équipes étrangères. Mais tout ce qu’on sait, c’est que le futur il se fera avec vous.

Merci.

La team WoSo France

Rédac-chef de WoSo France, social media manager, jase en français et en anglais. Quand elle n’écrit pas pour le site, elle regarde la NWSL, tweete aux canadiennes et joue aux jeux vidéo. Ou elle dort. Ca arrive.

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