Des femmes inspirantes : comment l’USWNT célèbre le Women’s History Month (partie 1)

En pleine She Believes Cup qu’elles peinent à conquérir, l’USWNT frappe encore là où on les attend, sur la question du féminisme. Leur dernière mission : accorder une visibilité plus grande aux femmes qui ont marqué l’Histoire ou qui sont incontournables aujourd’hui, en adoptant leur nom sur leur maillot. 

Depuis la défaite contre la France, l’USWNT est en pleine débâcle et ne parvient pas à se relancer sur une série victorieuse. Après un nul contre le Japon avec une grossière erreur d’Alyssa Naeher, les Américaines sont tenues en respect par l’Angleterre, malgré le retour de leurs grandes stars et des cadres efficaces comme Rapinoe ou Heath. On murmure dans les couloirs des difficultés d’ordre personnel avec la clé de la défense, l’indéboulonnable Sauerbrunn, qui a manqué quelque match et s’est montrée moins efficace dans la colonne vertébrale de la backline US. Ce qui, à quelques mois de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, n’augure rien de bon. L’USWNT est tenue en échec mais ne se rend pas, et pourtant l’équilibre paraît bien fragile, assez pour que l’on s’inquiète sincèrement des dernières expérimentations de Jill Ellis. Si l’on parle souvent de timing dans ce type d’expérimentation, on sait très bien ce qu’elles ont donné lors du quart de finale des JO. 

Mais au-delà de l’aspect sportif inquiétant, l’USWNT continue de se revendiquer leader en matière de changements dans le sport au féminin. Floquées de la virgule de Nike, équipementier engagé dont la brillante agence de publicité américaine (Wieden + Kennedy, notamment à l’origine du cultissime « just do it ») nous ferait presque oublier toutes les thématiques du travail des enfants dans des usines délabrées au fin fond de l’Indonésie, les USA enchaînent la campagne « Dream Crazy » mettant en scène Alex Morgan et l’USWNT avec ce coup important, en marge du Women’s History Month. 

Chacune des joueuses, sur le terrain ou en-dehors, a choisi un nouveau nom à arborer, celui d’un role-model féminin, pour remplacer le leur. De Ruth Bader Ginsburg, en passant par Serena et un retour à Abby Wambach, ce sont donc une vingtaine de grandes figures féminines qui se sont retrouvées sur le terrain, fièrement choisies et littéralement endossées par les joueuses. Et c’est une super opé. 

Abby Dahlkemper : Jennifer Lawrence : « Je l’aime bien parce qu’elle a toujours été fidèle à elle-même. Elle n’a jamais eu peur de qui elle est, elle est vocale et talentueuse. Ce n’est pas simple de rester droit dans ses bottes et authentique quand on est quelqu’un à Hollywood mais que cela soit à travers les acclamations et les critiques, elle est toujours parvenue à continuer à rire et à faire sa vie. Elle est aussi très engagée dans l’idée de repousser les barrières et créer un changement positif.» 

Jennifer Lawrence est une actrice primée qui a porté la saga Hunger Games sur les épaules. Récompensée d’un Oscar de la meilleure actrice en 2012 pour son rôle dans Silver Lining Playbook, elle accumule également 3 Golden Gloves pour ce même rôle.

Tierna Davidson : Sally Ride : « J’ai choisi Sally Ride parce que quand j’étais petite, je voulais devenir astronaute. Dans ma chambre, il y a encore des tonnes de posters de l’espace. Elle a été la première Américaine à aller dans l’espace et c’est donc un immense rôle model pour moi. Je me suis rendue compte plus tard qu’elle est allée à Stanford, ce qui nous accorde un autre point commun. Quand j’étais plus jeune, je l’admirais énormément. J’ai encore un Teddy Bear signé de sa main qui m’a été donné par ma tante. » 

Dans la course pour la conquête de l’Espace qui fait partie des enjeux de la Guerre Froide, Sally Ride est la troisième femme au monde et la première Américaine à tutoyer les étoiles, après deux Russes. Elle passera au total plus de 14 jours dans l’Espace, puis finira sa carrière comme professeur de physique à l’Université de Stanford et enquêtera également sur le fiasco de l’enquête de la navette Columbia. Avec sa compagne Tam O’Shaugnessy, elles écriront 6 livres éducatifs à destination des enfants. Sally Ride s’éteint en 2012, des suites d’un cancer du pancréas. 

Crystal Dunn : Serena Williams : « Je l’aime. Serena Williams a été mon idole pendant très longtemps. Je la regardais jouer avant même que je commence à regarder le football féminin. Elle m’a inspirée à devenir une athlète et à toujours exiger de moi le plus haut niveau. Elle a brisé tant de barrières que les mots ne semblent plus suffisants ! »

Serena Williams est une légende du tennis américain. Entre 2002 et 2017, elle a été élue 8 fois numéro 1 mondiale par la WTA. Avec à son actif 14 grands chelem en doublé avec sa soeur Venus, elle détient le record du plus grand nombre de victoires au féminin. Avec son style unique, sa puissance et sa figure incontournable des courts, Serena est probablement l’une des tenniswomen les plus connues au monde. Sa médiatisation permet d’attirer l’attention sur les problèmes médicaux que les femmes endurent après les grossesses et les accouchements, puisqu’elle devra se résoudre à ne pas participer à certains tournois à cause de sa santé et de sa dépression post-natale. 

Julie Ertz : Carrie Underwood : « Je voulais quelqu’un qui me remémorait ma jeunesse et je me souviens que quand je revenais à la maison après les matches, ma famille et moi on se branchait sur American Idol pour la soutenir. Elle reste fidèle à elle-même et ses croyances et quand je cherchais un modèle de force, elle s’est imposée : j’aime comme elle est forte, droite dans ses bottes et aussi concentrées sur sa famille. Elle est également mariée à un athlète et comprend cet aspect de la vie également. J’aime à quel point elle est terre à terre. »

Avec 65 millions d’albums vendus à travers le monde, Carrie Underwood est sans conteste l’une des artistes à qui le succès a le plus souri tout le long de sa carrière. Des Grammys aux MTV Awards, la native de l’Oklahoma collectionne les récompenses. Underwood est mariée avec le hockeyeur professionnel canadien Mike Fisher, qui a terminé sa carrière avec les Nashville Predators.

Emily Fox : Elena Delle Donne : « Je l’ai choisie parce que mes grand-parents vivent dans le Delaware et qu’ils la suivent depuis qu’elle est au lycée. Ce sont eux qui m’ont introduite à elle à travers sa personnalité et son idée d’être une athlète. J’aime à quel point elle est incroyable sur le terrain tout en étant elle-même, tout en décidant de faire passer sa famille avant toute chose, jusqu’à laisser tomber l’UConn (Université du Connecticut) pour être plus proche de sa famille et en particulier de sa grande soeur. » 

Elena Delle Donne joue avec les Washington Mystics, en WNBA. Elle est médaillée d’or olympique avec l’équipe nationale Américaine, pendant les JO de Rio, en 2016. Atteinte par la maladie de Lyme qui l’oblige à prendre plus de 50 suppléments alimentaires pour se maintenir au plus haut niveau, elle est l’ambassadrice des Special Olympics Global, tout en lançant sa fondation pour mieux comprendre et soigner la maladie.

Adrianna Franch : Brianna Scurry : « J’ai choisi Briana parce que j’ai grandi en la regardant jouer avec l’équipe nationale. Je voulais être comme elle quand j’étais gosse. L’USWNT est venue jouer à Arrowhead Stadium, à Kansas City, J’ai pu la rencontrer et lui faire un highfive quand elle est passée pour sortir du terrain. Je me suis dis que jamais plus je ne me laverais cette main ! » 

Brianna Scurry est une légende de l’USWNT. Championne du monde, médaillée de bronze et championne olympique, elle est désormais assistante coach du Washington Spirit. Elle est la première femme noire à accéder à l’honneur d’apparaître dans le National Soccer Hall of Fame. Pendant la campagne de 99, elle ne laissera passer que 3 buts et enregistre 4 clean sheets, alors qu’elle jouera toutes les minutes de la compétition. 

Ashlyn Harris : Cardi B : « J’ai choisi Cardi B parce que j’aime ce pour quoi elle se bat. Elle ne se confond pas avec la société et ce que les gens attendent d’elle. Elle est tout simplement qui elle est et s’en fiche d’être «normale » et de correspondre aux attentes de l’ordinaire. J’apprécie vraiment cet aspect de sa personnalité. Son histoire lui appartient, du début à la fin. Je pense que beaucoup d’entre nous peuvent tirer une leçon de cela. Je veux dire, elle était une strip-teaseuse qui se battait pour joindre les deux bouts, qui chantait du hip-hop et du rap à côté, et maintenant sa vie est complètement chamboulée. Elle ne doit ça à personne et continue de soutenir les femmes parce que c’est quelque chose qui est en elle. Elle ne cherche même pas à le cacher. J’aime ça. » 

En 2018, le Time inclut Cardi B parmi les 100 femmes les plus influentes de l’année. Elle casse tous les records, que ça soit en streaming comme dans les charts. Guerrière du Bronx, elle collectionne les récompenses et les controverses, tout en restant fidèle à ses croyances et ses principes. 

Tobin Heath : Doris Burke : « Personnellement, cela a été difficile de choisir quelqu’un. En grandissant, la plupart de mes roles models étaient des joueurs masculins ou simplement des hommes – la plupart des plus grands joueurs ont toujours été des hommes. C’est pour ça que toute cette opération est super cool, parce qu’on essaye de faire changer les choses et montrer que la grandeur peut aussi être incarnée par des femmes, même s’il n’y en a toujours pas suffisamment de représentées. Doris… C’est juste la meilleure. Ca a été un long voyage pour elle et elle a été évidemment une pionnière dans bien des choses, notamment dans ce qu’elle a fait pour le journalisme. J’adore la NBA et le basket est mon second sport favori à regarder et je ne peux que ressentir le respect qu’elle est parvenue à inspirer pendant toute sa carrière, non seulement de la part des gens qui évoluent dans son domaine, mais aussi de la part des mecs sur le court qui connaissent tout du basket. Obtenir un tel respect est le plus grand des honneurs. C’est comme s’ils disaient « tu es l’une d’entre nous ». Et elle l’a totalement mérité. »

Doris Burke est une pionnière dans le commentaire des matches de basketball. Ancienne joueuse, puis commentatrice de WNBA, elle devient, en 2017, une commentatrice régulière d’ESPN de la NBA, la première femme à occuper cette position. En 2011, l’éditeur de jeu vidéo 2K la fait apparaître dans son jeu NBA 2K11 pour la première fois, en tant que reporter terrain. Elle sera présente sur chacune des éditions subséquentes.

Rose Lavelle : J.K. Rowling : « Oh, je l’ai choisie simplement parce que c’est un génie, elle est très généreuse et a une histoire super cool à raconter. J’ai été coincée dans le cercle vicieux de la lecture et la relecture des années 1 à 3 d’Harry Potter à chaque été. Je recommençais à chaque fois parce que je voulais me souvenir de tout ce que j’avais lu l’été précédent, mais maintenant que j’ai fini l’école, j’ai enfin pu tout lire d’une traite. J’en suis au 7e livre. Merci de partager ce talent avec le monde. Il est meilleur grâce à vous. »

J.K. Rowling est une autrice à succès, mère de la saga Harry Potter et des spin-offs. Ancienne enseignante d’Anglais, elle commence l’écriture d’Harry Potter dans ce qu’elle considère être une des pires périodes de sa vie. Diagnostiquée dépressive clinique et aux prises avec des idées suicidaires, sa santé mentale inspirera les personnages de Détraqueurs dans son épopée littéraire. Grâce à Harry Potter, Rowling devient l’une des premières fortunes britanniques et perd son statut de milliardaire à cause (ou grâce) à ses dons multiples à diverses associations, notamment traitant de la sclérose en plaque et de divers sujets portant sur la petite enfance. 

Carli Lloyd : Malala Yousafzai : « Malala est quelqu’un qui s’est battue pour ce en quoi elle croit en dépit des menaces de mort qui pèsent. On lui a tiré dessus, elle a failli y laisser la peau, mais elle a continué de se battre et d’inspirer toutes les femmes à travers le monde. »

Née au Pakistan et désormais âgée de 21 ans, Malala est une figure de l’activisme anti-Taliban au Pakistan, débutant ses écrits à l’âge de 11 ans sur un blog pour la BBC Urdu. En 2012, alors qu’elle rentre d’un examen avec des amies, elle se fait abattre par des Talibans à cause de son activisme. Atteinte à la tête, elle est entre la vie et la mort. Transférée à Birmingham, au Royaume-Uni, Malala poursuit son militantisme tout en se rétablissant et soutient le droit à l’éducation. En 2013, elle co-écrit « Je suis Malala », qui se hisse à la place de best-seller international. Elle est, en 2014, lauréate du Prix Nobel de la Paix.

ABOUT THE AUTHOR: Lisa Durel

Rédac-chef de WoSo France, social media manager, jase en français et en anglais. Quand elle n'écrit pas pour le site, elle regarde la NWSL, tweete aux canadiennes et joue aux jeux vidéo. Ou elle dort. Ca arrive.

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