Canada Women’s National Team: The rise of the True North, strong and free

Il y a quatre ans, pendant les JO de Londres, Christine Sinclair, l’emblématique Captain Canada, devait ravaler ses larmes. 120 minutes + 3. Il aurait fallu 123 minutes pour départager les deux puissances nord-américaines à l’issu d’un des meilleurs matches de l’histoire du football féminin. Les filles de Sinclair contre celles de Wambach. Alex Morgan avait mis fin au rêve de médaille d’or des canadiennes, juste avant de partir dans une douloureuse séance de tirs au but.

Quatre ans plus tard, à Rio, les canadiennes pleurent à nouveau leurs rêves dorés, devant les joueuses de Silvia Neid, qui offrent à leur coach un dernier baroud d’honneur olympique avant sa retraite. Cette fois, les larmes coulent. Kadeisha Buchanan, 20 ans, est réconfortée par la vétéran Sophie Schmidt, qui craque ensuite devant Marie-Eve Nault. Les petites jeunes qui font partie du roster, pour qui c’est la première compétition olympique et qui brillent, déjà, comme Jessie Fleming ou Ashley Lawrence, sont hagardes et en larmes, abattues. Il faudra se battre, vendredi soir, contre les hôtes, terrassées par le stratagème suédois juste avant la grande finale. Dans un stade plein à craquer de brésiliens enragés. La bataille va être rude. Laissons leur le temps de digérer la défaite. Parce que si la douleur fait partie du jeu, du sport, il y a aussi un temps à respecter. Pour la comprendre et l’accepter, puis la retourner, la transformer en arme plutôt qu’en silice.

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Il y a quatre ans, Christine Sinclair avait brisé sa réserve naturelle pour monter au créneau. Pour secouer ses joueuses. Plus jamais 2011 et la Coupe du Monde. Elle avait été claire. « On ne s’est pas déplacée à Londres pour rien. On repartira avec la médaille, un point c’est tout. » Et ça avait fonctionné.  Cette fois, dans le cercle, c’est Diana Matheson qui se joint à Sinclair pour le discours. Pour rassurer les jeunes.

Mais au fond, il y a quelque chose. Des notes qui reviennent. Quelque chose qu’on peut avoir oublié quand on vient d’essuyer une défaite si près du but. « True patriot love, in all thy sons command »… Ce maillot, rouge sang. La feuille d’érable sur la poitrine. Elles ne peuvent pas l’oublier. Ca ne rend la défaite que plus cuisante. Une feuille d’érable désespérément vierge de toute étoile ou d’or olympique. « From glowing hearts we see thee rise, the True North Strong and Free… » Les jeunes. Qui ont su prendre la relève et assurer une transition souple entre les générations. Ces jeunes qui assurent un avenir brillant au Canada, capables de créer des opportunités et faire le lien entre les cadres comme Sinclair ou Matheson et tenir leurs positions.

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Dans la conférence post-match, auprès de John Herdman, ce n’est pas Sinclair. Ou Tancredi. C’est Jessie Fleming. Elle a 18 ans. Là où on aurait attendu une vétéran, Herdman présente le futur de son équipe. Contrairement à l’USWNT, beaucoup de ses coéquipières sont à peine plus vieilles qu’elle et sont déjà solides. Jessie Fleming a 18 ans et c’est elle qui va devoir expliquer calmement que la flamme n’est pas éteinte. Et le True North… Ces mots si précieux, qui font partie de leur hymne national, sont si facilement oubliés, à force de les répéter. Mais trouver son « True North », c’est un concept à part entière. Aller au-delà des médailles. Pour aller chercher l’héritage, entrer dans l’histoire pour ensuite transmettre une attitude et des valeurs aux générations suivantes. Quand John Herdman a repris l’équipe, en 2011, c’est ainsi qu’il leur a demandé de se présenter. En définissant leur « True North », il savait quelle direction donner à ses joueuses. Le « True North », c’est se souvenir de Christine Sinclair, abattue après une désastreuse Coupe du Monde en 2011, où les Canucks ne sortent pas des phases de poules et ne marquent qu’un but, celui de Sinclair, magnifique, inespéré, sur coup franc, alors qu’elle a le nez fracturé. C’est se souvenir de son désespoir, la détresse dans son regard clair, assise comme un enfant boudeur, son masque reposant à ses pieds, une moue un peu enfantine sur son visage dur, la lèvre tremblante. C’est la solitude qui ressort de cette image. A jamais gravé dans l’histoire de l’équipe canadienne. Trouver le « True North », c’est accepter cette image et accepter le fait d’avoir abandonné Captain Canada. Et se jurer, dans cette pièce de Vancouver où Herdman les a réunies, de la faire pleurer à nouveau. Mais pas comme ça. Plus jamais comme ça.

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Les filles se réunissent. Les mains se serrent sur les épaules. Elles se regardent. Peu importe ce qu’elles se disent. O’Canada résonne dans leur coeur. « From far and wide, O’Canada, we stand on guard for thee ». La garde, elle est là, la fierté canadienne et son OVNI de coaching britannique, et avec elle, son fleuron qui s’apprête à raccrocher les crampons, et la jeune garde, déjà prête. Une garde qui a déjà écrit l’histoire, en battant pour la première fois l’Allemagne pendant la phase de poule. Et c’est loin d’être terminé. Parce que ces noms là, Buchanan, Quinn, Lawrence, Fleming, Beckie, ils sont taillés pour rester. Sinclair esquisse un sourire, malgré la défaite. Elles ont perdu une bataille. Mais le Canada n’a pas perdu la guerre.

Images : FIFA/ FIFA via Getty Images

Joern Pollex – FIFA/FIFA via Getty Images

Featured Image : Paul Whitaker (reuters)

Rédac-chef de WoSo France, social media manager, jase en français et en anglais. Quand elle n’écrit pas pour le site, elle regarde la NWSL, tweete aux canadiennes et joue aux jeux vidéo. Ou elle dort. Ca arrive.

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